Burkina – Trois ans après, toujours pas de justice pour le massacre de Yirgou

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“L’arbre de la paix s’arrose avec l’eau de la justice”, (Collectif contre l’impunité)

Le massacre de Yirgou (Centre-nord), qui a eu le 1er janvier 2019 a fait au moins 210 morts selon le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) et 49 selon le gouvernement. Dans la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019, une première attaque est menée dans le village de Yirgou par des hommes armés. Les assaillants, qualifiés de « terroristes » par le gouvernement, arrivent à bord de motocyclettes en tirant des coups de feu en l’air. Au moins six personnes, dont le chef du village et son fils, sont abattues. AlOrs que les assaillants disparaissent comme ils sont venus, les Koglweogo lancent des représailles contre les Peuls de la localité accusés d’être des complices. Jeunes, femmes, enfants et vieillards sont massacrés. Les cases incendiées.
En plus des morts, des milliers de personnes sont contraintes de se réfugier dans les localités environnantes.

Le CISC qui a été créé au lendemain de ce massacre, s’indigne aujourd’hui, qu’il n’y ait eu aucune avancée judiciaire du dossier.

“Aujourd’hui 1er janvier 2022, c’est le troisième triste anniversaire du massacre de Yirgou qui a fait plusieurs centaines de morts, qui a plongé plusieurs milliers de familles dans une grande détresse humanitaire qui souffrent de l’impunité qu’ils ont constatée après ce massacre. Et également cette impunité a entraîné d’autres cas de crimes de masses comme Arbinda, Banh, Tanwalbougou”, a déclaré à Oméga,  Daouda Diallo, porte-parole du collectif. “Au niveau du CISC c’est l’occasion d’inviter l’autorité à faire la justice pour soulager les multiples familles qui ont été endeuillées et également faire comprendre au peuple burkinabè que l’arbre de la paix s’arrose avec l’eau de la justice”, a-t-il dit.

“Après le drame de Yirgou, la justice a tenté (d’agir) et il y a eu des entraves tout le long du parcours du dossier. Sur les 180 mandats à amener, seulement 11 personnes sont aujourd’hui en prison”, a déploré Ibrahim Barry, un porte-parole du CISC.

Selon le collectif, depuis le massacre de civils à Yirgou, il a maintes fois tiré la sonnette d’alarme en expliquant que l’impunité de Yirgou risque fort de provoquer un embrasement dans la région du Centre-nord et partant du Burkina tout entier. “Nous n’avons pas été écoutés. Et les conséquences sont là aujourd’hui”, a noté l’organisation dans une déclaration le 23 décembre 2021 à Ouagadougou.

Lamine Traore